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Fraude et arnaques

Fraude au faux RGE : comment vérifier un artisan

6 min

Sans artisan RGE, pas d'aide publique. Cette règle a massivement tiré le secteur vers le haut — mais elle a aussi attiré une faune d'escrocs qui usurpent la mention "RGE" pour décrocher des chantiers. Les chiffres de la DGCCRF sont glaçants : quatre contrôles sur dix dans la rénovation énergétique révèlent au moins une anomalie. Faux numéros, certifications expirées, sous-traitance sauvage… On vous donne les cinq minutes de vérification qui peuvent vous épargner 20 000 € de dégâts.

À retenir

  • france-renov.gouv.fr avant toute signature — pas d'exception
  • Un RGE, c'est une qualification par geste, pas un label global
  • Plus de 30 000 plaintes par an dans le secteur, selon la DGCCRF
  • En cas de doute : signal.conso.gouv.fr, c'est gratuit et efficace

Qu'est-ce que le label RGE ?

RGE veut dire "Reconnu Garant de l'Environnement". Mais attention : ce n'est pas un label unique, c'est une grande famille. Cinq organismes certificateurs (Qualibat, Qualifelec, Qualit'EnR, Certibat, Eco Artisan) délivrent chacun des qualifications ciblées — QualiPAC pour les pompes à chaleur, QualiBois pour le granulé, RGE Qualibat sur l'isolation des murs extérieurs, etc. Conséquence directe : un artisan peut être parfaitement RGE sur la PAC, et totalement non-qualifié sur le poêle à granulés. Une certification = un geste. Si l'artisan vous dit "je suis RGE tout compris", il ment.

La base officielle : france-renov.gouv.fr

Un seul site à retenir : france-renov.gouv.fr, géré par l'ADEME. L'annuaire y est public, mis à jour en temps réel, filtrable par commune et par qualification. Avant de signer quoi que ce soit, collez le SIRET ou le nom exact de l'entreprise dans la recherche. Deux scénarios. Soit l'entreprise sort avec une certification active sur le bon geste — feu vert. Soit elle n'apparaît pas, ou sa certification ne couvre pas les travaux que vous lui demandez — vous ne signez rien. Pas "je réfléchis", pas "je regarde plus tard". Non.

Les arnaques courantes

1) Le prête-nom RGE. Schéma classique : un artisan non-RGE "loue" la signature d'un collègue certifié. Sur le papier, le RGE facture. En vrai, il ne met pas un pied sur le chantier. Illégal, passible de 5 ans de prison et 375 000 € d'amende. 2) La certification expirée. L'artisan exhibe un vieux certificat, mais le renouvellement n'a jamais été fait. L'annuaire de france-renov.gouv.fr n'affiche que les certifications actives — c'est infaillible. 3) Le RGE sur le mauvais geste. Un RGE Qualibat ITE qui vient poser une PAC, c'est du même acabit qu'un cardiologue qui vous opère du genou. Non. 4) Le numéro bidon. Certains inventent purement et simplement leur numéro d'agrément. Toujours vérifier sur le site officiel.

La checklist avant signature

Avant de signer, six cases à cocher. SIRET vérifié sur sirene.fr ET sur france-renov.gouv.fr — entreprise bien active, adresse cohérente. Certification RGE valide au jour du devis ET au jour du chantier (on vérifie les deux dates, car une certif peut expirer entre-temps). Qualification qui couvre exactement le geste prévu, pas un geste voisin. Attestations d'assurance : responsabilité civile pro + décennale, en cours de validité, avec le nom de l'entreprise et le type d'activité correspondants. Devis détaillé qui mentionne la marque et la référence exacte du matériel — PAC Daikin Altherma 3 H 8 kW, isolant Knauf TI 135, etc. Acompte raisonnable : jamais plus de 30 % à la commande, le solde à la réception des travaux. Un artisan qui réclame 70 % d'avance ? Vous fermez la porte.

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