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Calculer ses économies avec une PAC air/eau

6 min

"Jusqu'à 70 % d'économies avec une pompe à chaleur !" Vous avez forcément vu passer ce genre de promesse. Et comme toutes les promesses commerciales, elle est vraie dans un cas précis et fausse dans la plupart. Les économies réelles dépendent de quatre paramètres : le système que vous remplacez, le COP (ou plutôt le SCOP) de la PAC, le climat de votre région, et l'isolation du logement. Voici une méthode simple, chiffrée, pour savoir ce que VOUS allez réellement économiser avant de signer un devis à 14 000 €.

À retenir

  • Remplacer une chaudière fioul par une PAC air/eau : environ 50 % d'économies sur la facture
  • Retour sur investissement moyen : 5 à 8 ans après aides cumulées
  • Regardez le SCOP, pas le COP — le chiffre marketing ment
  • Radiateurs fonte anciens = perte de rendement de 20 à 30 %

Les chiffres de référence

Partons d'une maison type : 120 m², deux adultes, un ado, zone climatique moyenne (H2). Ce que ça consomme, annuellement, pour le chauffage et l'eau chaude. Chaudière fioul : environ 2 500 L/an, soit 2 500 € à 1 €/L. Chaudière gaz : environ 18 000 kWh/an, soit 2 200 € à 0,12 €/kWh. PAC air/eau SCOP 3,5 : environ 6 000 kWh électriques, soit 1 200 € à 0,20 €/kWh. PAC géothermique SCOP 4,5 : 4 500 kWh, soit 900 €. Gardez en tête que ces chiffres bougent fortement selon l'isolation (une maison RT 2012 consomme deux à trois fois moins qu'une maison des années 70) et selon la zone climatique — multipliez par 1,3 en zone H1, divisez par 1,3 en zone H3.

Le calcul du ROI (retour sur investissement)

Reprenons notre exemple : remplacement fioul → PAC air/eau. L'économie annuelle = 2 500 € − 1 200 € = 1 300 € par an dans votre poche. L'investissement brut est de 14 000 €, mais le cumul CEE + MaPrimeRénov' efface 7 000 € d'aides. Reste à financer : 7 000 €. Divisez le reste à charge par l'économie annuelle : 7 000 / 1 300 = environ 5,4 ans de retour sur investissement. Sachant qu'une PAC bien entretenue tient 15 à 20 ans, vous avez ensuite 10 à 15 années d'économies "pures" — et la valeur verte de votre bien grimpe au passage.

Les pièges de calcul

Trois erreurs classiques qui plombent les calculs. 1) Confondre COP et SCOP. Le COP est un chiffre de laboratoire, mesuré à +7 °C d'air extérieur, condition parfaite. Le SCOP (Seasonal Coefficient of Performance) prend en compte les vraies températures de votre hiver, redoux et vagues de froid inclus. Quand un vendeur vous agite un "COP de 4,5", demandez le SCOP — c'est souvent 3,2. 2) Négliger la zone climatique. En H1 (Nord, Est, Massif central), une PAC air/eau descend couramment à SCOP 3,0 en plein hiver, parfois moins. En H3 (méditerranéenne), elle tient 4,0 sans broncher. Le même équipement n'a pas la même rentabilité à Mulhouse et à Perpignan. 3) Oublier l'émetteur. Une PAC aime le basse température : plancher chauffant, radiateurs basse température acier neufs. Sur vos radiateurs fonte des années 70, elle doit monter en régime pour rattraper le manque de surface d'échange — rendement plombé de 20 à 30 %. Rénovez les émetteurs en même temps, ou acceptez cette perte dans votre calcul de ROI.

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